Design thinking, lean startup, cycle en V, scrum, MVP… Les méthodologies d’approches de gestion de projets s’amoncellent sans jamais vraiment se rassembler. Pourtant, elles visent toute une seule et même chose : mener à bien, de bout en début, le succès d’un projet. Que cela soit dans un grande entreprise ou dans une startup, la question de la « meilleure méthode » à choisir se pose toujours en opposant, à tort, les techniques d’innovation disponibles.

Pourtant, mêler ces méthodes peut s’avérer plus que bénéfique pour la créativité et le bon processus de vos projets. Mais pour mieux mêler ces démarches, encore faut-il faire la différence entre chacune d’elle et les comprendre. Et c’est avant tout trois méthodes qu’il vous faut avant tout maîtriser : le lean startup, les méthodes agiles et, bien entendu, le design thinking.

Le lean startup

Méthodologie forgée par Eric Ries en 2008, le lean startup concerne avant tout le début d’une activité économique et du lancement d’un produit. Il s’agit d’une méthode se déclinant en plusieurs étapes : le « validated learning », qui correspond trivialement à la vérification de la validité des concepts énoncés, l’expérimentation scientifique dans un deuxième temps et le design itératif qui est au cœur de ce processus.

Il s’agit d’une méthode de conception reposant sur un processus cyclique échelonné sur quatre principales étapes : prototypage, test, analyse et raffinage du prototype. Pour faire simple, il faut comprendre que l’expression « lean startup » contient l’adjectif « lean » qui est synonyme de « maigre » : le but est donc ici d’amaigrir au maximum les cycles de commercialisation des produits et de suivre méticuleusement les feedbacks utilisateurs.

Les start-up utilisent particulièrement cette approche – ce qui explique la second partie du terme « lean startup » – pour concevoir des produits et services le mieux adaptés aux attentes du marché et des utilisateurs, tout en investissant un minimum.

Au cœur de ce process d’innovation se trouve un acteur clé : le Minimal Viable Product (MVP) qu’Eric Ries définit comme « cette version du produit qui permet d’effectuer un cycle complet de la boucle Construit-Mesure-Apprend avec la quantité minimum d’effort et le moins de temps de développement possible. » Eric Ries prend d’ailleurs l’exemple célèbre de Dropbox dont la publication d’une simple vidéo explicative a permis d’aborder la viabilité du marché en l’espace d’une nuit. De 5000 personnes inscrites, Dropbox à plus de 75 000 abonnés du jour au lendemain, alors même que le produit n’était pas même encore sorti. La maxime « Less is more » n’a jamais été aussi performante !

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Les méthodes Agiles

Alors que la méthode lean startup tend davantage à étudier la viabilité économique d’un bien ou service et que le design thinking s’échine avant tout à creuser et dessiner des solutions innovantes user-centric, les méthodes agiles – car il n’en existe pas qu’une seule – rêvent avant tout un aspect opérationnel et pragmatique. Ce qui explique d’ailleurs le terme « agile ».

La pensée agile est une démarche surtout répandue dans le milieu informatique, mais elle apporte à tout chef de projet une éventail de principes et d’idées portés avant tout sur le client. Cristallisant en leur sein le principe de cycle de développement itératif, incrémental et adaptatif, les méthodes agiles doivent leurs lettres de noblesse au Manifeste Agile rédigé en 2001 par un groupe d’experts en informatique.

Rigoureux, ce Manifeste décline sa pensée à travers 12 commandements que l’on peut résumer ainsi :

  1. Le client avant tout !
  2. Accepter les changements, même de dernière minute
  3. Livrer fréquemment des logiciels opérationnels
  4. Utilisateurs et développeurs doivent travailler main dans la main
  5. S’entourer de collaborateurs motivés
  6. Le dialogue est la meilleure source d’information
  7. Un logiciel opérationnel doit être votre mesure d’avancement
  8. Adopter un rythme soutenu et soutenable par tous
  9. L’excellence de la technique et de la conception doivent être au premier plan
  10. Simplicité avant tout
  11. Auto-organiser ses équipes et les rendre autonomes
  12. Ajuster continuellement son comportement pour viser l’efficacité

Toujours opposées à la méthode du cycle en V, les méthodes agiles sont avant tout conseillées pour des projets complexes pour lesquels on manque de visibilité et qui nécessitent de la flexibilité, à l’exemple de la méthode SCRUM (1996).

La pensée « cycle en V », de son côté, s’organise en cascade en divisant ses activités en deux flux : un flux  descendant qui détaille le produit jusqu’à sa réalisation, et un flux ascendant, qui assemble le produit en vérifiant sa qualité. Une méthode privilégiée pour les projets clients dont on connaît à l’avance un maximum d’éléments.

On peut se poser la question du gain à utiliser l’agile dans une équipe business ?

Dans un projet business, un projet classique débuterai par un cahier des charges répondant à une problématique business identifié. Nous suivons un plan qui se décline en plusieurs étapes et deadlines tout en gardant des équipes en silos. Dans un projet digital, on peut se retrouver avec un UX designer qui construit une maquette qui n’est pas intégrable par le développeur et etc….

L’agile est un framework qui permet de créer des équipes qui travaillent dans un même but avec des rôles bien évidemment différents mais qui se partagent la responsabilité grâce à des cycles plus courts et des apprentissages continus ce qui permet une itération rapide.

Les principaux rôles dans une équipe agile sont généralement :

Product owner : comme son nom l’indique c’est lui qui est garant de la vision produit. Il est le lien entre le client et l’équipe. Il est aussi décideur pour ne pas perdre de temps dans la prise de décisions lors des ateliers.

Scrum master : Garant de la qualité de l’environnement de travail de l’équipe et de lever les obstacles

Ainsi que le coach agile, le UX designer, les développeurs,….

Et le design thinking ?

Faut-il encore présenter le design thinking ? Méthodologie née de la pensée design, le design thinking vise à concevoir des solutions innovantes et centrées sur l’humain à travers 5 étapes : l’empathie des utilisateurs pour comprendre leurs besoins, la définition de leurs problématiques, l’idéation qui cherche à imaginer des solutions de façon créative et humaine, le prototypage de la solution choisie, et enfin, le test de ce prototype.

Le Design Thinking est généralement utilisé dans des projets agiles pour cadrer le problème client et identifier le vrai problème à régler puis passer de celui-ci au prototype.

Les équipes et profils de l’équipes à ce stade peuvent être différents de l’équipe agile car on fera appel aussi à des ethnologues et ux researchers pour la partie recherche terrain mais aussi de coachs en design thinking pour être garants de la méthode.

La méthode

Le design thinking: la méthode décrite avec précision

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Design thinking, Lean Startup, Agile : que choisir ?

Si en lisant cet article vous pensiez devoir trancher sur la meilleure méthode à choisir, qu’à cela ne tienne : le cabinet de conseil Gartner a montré qu’il était possible de pouvoir combiner ces trois méthodologies pour créer un seul et même cycle de projet laissant d’un côté les trois premières étapes du design thinking se concentrer sur l’analyse du problème utilisateur pour laisser, par la suite, le lean-startup et les méthodes agiles travailler de concert sur le prototypage.

visuel design thinking lean stratup agile methode

C’est le cas d’UBER qui, en ayant recours au design thinking, a pu identifier la grande difficulté à trouver rapidement un taxi, avant d’imaginer une application capable de détecter les chauffeurs à proximité.

Pour tester un éventuel business model, la startup lança un MVP pour tester la viabilité du marché avec UBERX, avant de se lancer dans des méthodes agiles pour répondre aux attentes des clients et développer leur business de façon soutenu. Tout cela en alternants cycles courts et nouvelles fonctionnalités comme l’UBER Pool, UBER Van, le partage de course, etc. Un exemple concret qui montre la possibilité d’alterner les 3 méthodes sans devoir choisir.

 

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